Mercredi 19 janvier 2005 3 19 /01 /Jan /2005 00:00

Bon, ça fait un moment que j'ai pas donné de mes nouvelles truitesques ni de mon truisseau, honte à moi, je vous délaisse, cher public inexistant!

Bon, quelles prévisions cette année? Prendre un an de plus (25 ans) dans ma tronche, perdre ma cellulite (hinhin oui je sais je me répète), revoir ma gruine Bunny que j'aime, faire plus de séances de jambons en l'air avec mon chéri aussi bien que celle d'hier soir (ah purée ça fait du bien quand même y'a pas à dire!)

 

Mon Cédricou va bien, il s'est bien remis de l'opération, et c'est toujour sun gros lardon qui a neuf mois maintenant! On est tous super contents du résultats de son opération, à part qu'il a surement encore une fissure dans le palais, mais bon le chirurgien m'a dit de ne pas m'en inquiéter, donc keep cool pour l'instant! Maintenant on va se concentrer sur son petit pied et essayer dans quelques temps de lui apprendre à marcher. En attendant, môssieur voudrait faire du quatre pattes mais il n'y arrive pa sencore et nous fait de belles crises de colère!!!

 

le voici le voilou mon ptit bout :

 

C'est le plus beau du monde mon fils!!!!

Par truissima truiss - Publié dans : Truiss
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Lundi 15 novembre 2004 1 15 /11 /Nov /2004 00:00
Le récit du séjour de Cédric à l'hôpital : Lundi, on arive à l'hopital, on file direct à la consultation d'anesthesie car on est pas en avance. C'est assez chiant à Debré faut prendre des tickets comme à la sécu, faire la queue, ça prend trois plombe. Je dépose les étiquettes et la fiche de circulation de Cédric au secrétariat de l'anesthésie et je me fais engueuler parce que je n'ai pas fait son entrée d'abord! Cette pomme me dit comme si j'étais une gamine de 6 ans qui aurait par fait ses devoirs "ben puisque c'est comme ça vous allez faire votre entrée et vous reviendrez après!" Jérémie était assis avec Cédric dans les bras qui commençait à avoir faim, et tous les bagages éparpillés pour l'hospitalisation. Je cours aux admissions (cet hôpital est immense! Que de temps perdu!) où c'est plein gros nuls qui prennent tout leur temps pour papotter et font poireauter les gens. Le gars qui m'a prise était occupé à découper des jaquettes de cd photocopiées parce qu'entre collègues ils s'échangeaient des cd copiés non mais vraiment! Bref! Je fais les papiers, on va à la consult : tout va bien, Cédric peut passer l'opération. L'anesthésiste m'apprend que Cédric sera pris en 5e donc vers 11h le lendemain. Je demande à l'anesthesiste de faire son possible pour qu'il passe plus tot car ça fait long à attendre pour un bébé affamé. Elle promet de faire ce qu'elle peut. On prends toutes nos affaires, ascenceur au point bleu, 4e étage. Je pousse les portes du service d'hospitalisation de semaine, et mon coeur s'arrête. C'est si dur de retourner au même endroit. Tous les souvenirs (mauvais) reviennent, et Cédric reconnait aussi l'endroit. Ce sont les mêmes infirmières qui m'accueillent, elles nous reconnaissent. J'installe nos petites affaires, Cédric joue avec son papa dans son lit, il est mort de rire, ça fait plaisir à voir! Ma soeur Vio viens m'apporter un duvet pour la nuit. Le fauteuil se baisse en position allongée, je ne dormirais pas trop mal. Ma soeur nous a amené à manger aussi (du chinois), la chambre a senti le curry pendant tout mon séjour! Tout le monde s'en va, Cédric s'endort à son heure habituelle. On me confirme que je dois le réveiller à 3h30 pour qu'il ait fini son bib à 4h00. Je me couche assez tard, j'ai pas sommeil, je tourne, me retourne, dérange Cédric qui dort, je me lève, arpente toute la nuit les couloirs déserts de l'hopital, boit café sur café. Bref : méga angoisse. A 3h30 je réveille mon titi pour lui donner un méga bib bien costaud avec plein de Céréales. Mon gros lardon tout étonné, me regarde en têtant mollement le bib, tout étonné de manger à cette heure. Il n'a pas vraiment faim mais pas contrariant il boit tout pendant que je lui explique que c'est son dernier bib, que le lendemain il faudra être patient, qu'il va être opéré, et qu'ensuite ce sera uniquement la cuillère. Mon bébé me regarde et m'écoute avec beaucoup d'attention, il enregistre tout ce que je lui dit. Le matin, au réveil de Cédric, je suis un peu vaseuse, lui a la pêche! ouf! Je lui donne un bain après avoir retiré son attelle, lui enfile sa blouse d'opération, et on va dans l'entrée du servie où il y a des fauteuils, des jouets et une télé, et je papotte avec les autres mamans. Nos enfants passent tous le même jour. Il y a un petit Killiam de 5 ans dont la maman est enceinte, qui est opéré pour une retouche du palais, la croissance a fait un peu sauter la cicatrice, il parle avec un fort "accent de bec de lièvre" (voix très nasale, peu de consonnes), sa voix siffle il me fait mal au coeur, je ne peut m'empêcher de me dire que Cédric aura peut être un jour cette voix. Par contre je contemple avec admiration le travail fait par le docteur Oger sur sa lèvre qui a une cicatrice presque invisible malgré le teint mat du bout de chou. Il y a aussi un petit Alexandre qui a été opéré la veille, et qui pète la forme. Il y a un petit "Jean" qui a une maman très gentille, il a 8 mois, est trop mignon. Il a les deux derniers doigts de chaque main collés, et les orteils également. Mais on ne lui opérera pas les orteils. Une petite fille d'environs 8 ans a été opérée du nez (bec de lièvre aussi) la veille, elle est très malheureuse elle a pleuré toute la nuit car sa maman n'est pas restée avec elle, et les infirmière n'ont pas arrêté de l'engueuler car elle sonnait tout le temps l'alarme elle était très triste. On l'a cajolée toutes les mamans qu'on était, et fait des gratouillis dans le dos pendant des heures. Elle souffrait beaucoup et n'arrêtait pas de vomir. Sa cicatrice sanguinolante me rappelle à la réalité de ce que je devrais affronter le soir même. Monika, une jeune fille de 13 ans, se fait refaire également la cicatrice de sa lèvre et son nez. Sa maman est si angoissée qu'elle en est hystérique et engueule tout le personnel. Je vais aux nouvelles, Killiam est le premier à partir au bloc, Cédric est en 5e position. J'attrape au vol le monsieur qui descend les enfants au bloc et lui demande d'intercéder en ma faveur. Il remonte en me disant que Cédric sera pris en 3e. En fait je ne savais pas que ça ne changeais rien vu qu'il n'y a que 3 enfants qui sont opérés dans le bloc de Cédric, car les blocs sont attribués par spécialité. Le temps passe, les enfants s'en vont, petites silouhettes, souvent debout dans le lit-cage, les mains aggripées aux barreaux, appelant leurs parents. Le monsieur qui les emmène leur chante des chansons et leur raconte des fables de père-noël pour les calmer. Les mamans seules se regroupent, hagardes, dans l'espace de repos. Cédric est sur mes genoux, sage. Il semble avoir bien compris mes explications nocturnes. Il s'agite un peu, et ne veut pas faire de sieste, il joue, puis plus tard, tête une tétine que j'ai retrouvé dans le sac à langer, avec vigueur. Je lui laisse ce plaisir, sachant qu'après il ne pourra rien têter avant longtemps. Les infirmières viennent lui poser une pommade anesthésiante sur les mains, en prévision de la perfusion. Elles sont impressionnées par son calme, depuis le temps qu'il n'a pas mangé, et elles ont décidé d'avancer un peu l'heure de la pose de la perfusion d'eau sucrée, histoire de le soulager. Dès qu'il aperçoit les infirmières, mon loulou fond en larmes. Je suis étonnée par la façon dont il perçoit les choses. La veille encore, elles ne lui faisaient aucun effet. Elles lui appliquent la crème et bandent les mains pour ne pas qu'il la retire. L'attente est longue encore. Enfin, elles viennent poser la perfusion. Cédric ne dit rien pendant la pose, il pleure à la vue des infirmières, puis se calme, on dirait qu'il est résigné. Il s'acharne encore sur sa tétine. Dans le canapé du coin repos, Monika attend son tour de partir au bloc, on discutte, Cédric passe après elle, son intervention ne doit durer qu'une heure, mais elle n'est pas partie encore. Enfin, on l'emmène, Cédric en a marre, il gigotte comme un vers sur mes genoux, mord rageusement la tétine qu'il a dans la bouche. Je lui parle, je suis émue, je lui dit tout l'amour que je lui porte, je lui promet d'être là avec son papa à son réveil. Et puis celui que tout le monde appelle amicalement "tonton", viens chercher Cédric. Je n'ai pas le coeur à suivre le lit, et le monsieur ne m'y encourage pas. Il me dit d'embrasser mon petit, j'ai du mal à retenir mes larmes. Je répète à Cédric que tout va bien se passer, qu'il va dormir, et que quand il se réveillera, nous serons là son père et moi, qu'on fera tout ce qu'il faut pour qu'il n'ait pas trop mal. Je le serre dans mes bras. Cédric a ce regard si attentif et interrogateur. Cet appel muet qui dit "on ne peut pas faire autrement, n'est ce pas?", les yeux écarquillés, il penche la tête en arrière pour me regarder alors qu'on l'emmène loin de moi. Je m'appuie au montant de la porte pour ne pas tomber, j'ai les jambes qui tremblent, et je sens les larmes envahir mes yeux. Il me fixe ainsi jusqu'à ce qu'il passe la porte du service. Je m'enferme dans la petite chambre et je vide mes yeux de leurs larmes. J'appelle Jérémie mais il ne répond pas. Je me sens vide, perdue. Je décide de manger le sandwich que j'ai laissé la veille sur la fenêtre, et puis de faire un somme. Mais au bout de 30 minutes de sieste, Jérémie me téléphone et me réveille. J'abandonne l'idée de dormir et erre entre le coin repos et le distibuteur à café du rez de chaussée. Petit à petit, les enfants remontent. Ils ont tous le même regard vidé de toute substance. La mère de Monika est partie dépenser convulsivement le contenu de son compte en banque, pour se calmer. Elle me dit qu'elle travaille le surlendemain, jour férié, et que ça remboursera ses achats. Quand elle reviens, Monika n'est pas remontée encore, elle voit la chambre vide et se met à hurler "ma fille! Où est ma fille!" Elle trépigne, crie, pleure, on dirait qu'elle va tuer tout le monde. Tout le monde est choqué mais moi je suis émue par son angoisse, je vois bien qu'elle n'arrive pas à se contrôler. Je la prends par le bras, je lui dis "venez" et je l'entraine en bas à la machine à café. Elle n'a pas dormi ni mangé depuis qu'elle est arrivée. Elle fume une cigarette, elle pleure, essaie de m'expliquer avec son accent Grec ses angoisse, elle me parle de sa fille, de son caractère, de ses habitude. Je l'écoute, je ne peut rien faire d'autre pour elle. Rapidement on remonte. Il y a des parents qui ne supportent pas de rester à attendre à l'hôpital et d'autres comme moi qui ont trop peur de rater le retour de leur petit pour s'éloigner du service. Killiam n'est toujours pas remonté du bloc, sa maman est inquiète, elle doit partir chercher son mari qui la remplacera la nuit au chevet de son fils. Elle attend qu'il revienne du bloc pour partir. Jérémie arrive à 16h00 à l'hôpital. Je suis contente qu'il soit là et je suis de plus en plus nerveuse. Je pense à Killiam qui n'est pas remonté, alors qu'on sait qu'il est sorti du bloc à 11h00 puisque Monika et Cédric son opérés dans le même bloc. Pourquoi reste-t-il si longtemps en salle de réveil? On a toutes le coeur un peu serré. La maman a du repartir finalement, chercher son mari. Ma soeur Violaine viens nous voir, mais quand elle repart à 18h00, Cédric n'est pas encore remonté. Je fais part de mes angoisses concernant Killiam aux infirmière qui m'expliquent qu'il est courant qu'un enfant reste longtemps en surveillance, parfois même toute la nuit, et que là bas ils ont plus de personnel qu'ici, et que c'est plus prudent. Elles me rassurent, Killiam va bien, il n'est pas en danger. Je respire. J'en ai marre d'attendre, Jérémie doit partir à 20h00 et j'ai peur que Cédric ne soit pas revenu alors. a 19h19, Killiam remonte de la salle de réveil. Sa maman n'est pas là, mais le petit dort. Je demande au monsieur qui le ramène s'il a des nouvelles de Cédric, il me dit qu'il suit, qu'il va arriver d'ici 2-3 minutes. Je colle mes yeux au hublot de l'entrée du service, et aperçoit enfin tout au bout du couloir, le lit de Cédric. J'ouvre en grand les portes, je suis submergée par l'émotion, j'ai envie de rire et pleurer à la fois. Cédric nous regarde en passant devant nous, les yeux brumeux, l'air hébété, le visage gonflé et plein de sang. Mais que je le trouve beau! Je ressent la même chose que lorsque j'ai accouché, et qu'on m'a posé ce petit poisson tout gluant de sang qu'on venait d'extraire de mon ventre. L'un des hommes me dit "il m'a fait de la peine quand on est allés le chercher, il avait un regard si triste." Je pense au regard qu'il avait quand on l'a emmené. C'était sans doute le même regard. Avec ses grands yeux si expressif, mon fils est bouleversant parfois. J'ai peine à retenir mes larmes en attendant de me retrouver seule avec Jérémie et Cédric. Quand tout le monde est parti, je détourne les yeux de mon bébé et me blottis dans les bras de Jérémie, je sanglotte très fort, quelques secondes, j'ai tant d'émotions en moi! Soulagement, joie, mais aussi peine pour la douleur de Cédric, angoisse devant sa fragilité, peur de ce sang, de ces fils partout. Et puis je baisse les barreuax du lit je m'approche du visage de Cédric, je lui parle doucement, je lui dit "tu vois on est là tous les deux, tu es beau, tu es tellement beau!" et je pleure, je pleure. Jérémie a les yeux brillants et la gorge nouée, il n'arrive pas à parler mais son regard en dit long. Les infirmières viennent pour les soins, Cédric pleure, j'ai peur de le prendre, de tirer sur la perfusion, et surtout de lui faire mal. Mais je le prends quand même, il enfoui son visage contre moi, comme jamais il ne l'avait fait avant, laissant des traces de sang sur mes vêtement. Je ne l'empêche pas de faire ce geste, les infirmières non plus, il a plus besoin de ça que de tout autre chose. Jérémie dit qu'il doit partir, j'ai peur de me retrouver seule avec Cédric et toute sa douleur. Il le faut pourtant. Mon ange s'endort dans mes bras, je le couche dans son lit, je ne peux pas l'habiller, à cause de la perfusion, les manchons et son visage tuméfié. Je le couvre comme je peux, il bave et son nez sécrète énormément. Tout est trempé. Mais il n'y a rien à faire pour l'instant. Il a un grand besoin de repos, tant pis si son visage baigne dans un mélange de mucus et de sang. Je passe doucement des compresses pour enlever ce que je peux, le couvre avec une chemise d'opération propre puis le drap et la couverture. Il dort à poings fermés. Je sors sans bruits de la chambre. Je ne sais pas où aller, je ne veux pas m'éloigner de peur qu'il se réveille, ni rester de peur de le géner. Toutes les mamans sont près de leurs petits. Comme au mois de Juillet je me sens seule et désemparée. La nuit tombe, je décide d'aller m'acheter à manger même si je n'ai pas faim. Mais la cafétéria est fermée, je prends un kinder country au distributeur, et un chocolat chaud. Je remonte. Cédric se réveille en criant. Je l'appaise en carressant ses cheveux. Ce contact le rendort immédiatement. Je suis épuisée. Je m'allonge sur le fauteuil, me roule dans le duvet, et m'endors immédiatement. 1h plus tard, nouveau hurlement. Je sursaute, me lève, rendort Cédric, me recouche. Je répète ce manège toute la nuit durant, toutes les 15 ou 30 minutes suivant les périodes, Cédric hurle de douleur et se redort aussi sec d'épuisement. Au matin je suis lessivée. Une infirmière compatissante lui change sa perfusion contre un produit plus fort. Cédric s'appaise et dort une heure complète. Une autre infirmière vient enlever le produit, elle dit qu'elle n'aime pas l'utiliser sur les bébés, et mets une seringue électrique à la place. Cédric se réveille moins souvent, crie moins. Je ne le quitte pas une seconde de toute la journée. Quand il s'éveille il commence un peu à gesticuler, à jouer. Mais de façon désordonnée, presque convulsive. Il s'accroche aux barreaux du lit, se met en travers, hisse ses jambes, arrive à plier les bras malgré les manchons pour mettre ses pouces dans sa bouche, ou tire sur sa perfusion. Je n'ose pas le quitter des yeux de peur qu'il arrive quelque chose. Je demande à une infirmière de lui préparer dans une asssiette une bouillie de lait épaissi et de céréales. J'installe Cédric dans son cosy, il a l'air bien dedans, appaisé. Il mange sa bouillie très calmement, il avale la moitié de l'assiette soit à peu près 100-120 ml. Je suis très contente qu'il mange si bien. Peu à peu le service se vide. Beaucoup d'enfants s'en vont aujourd'hui. Je pars faire une pose café avec la maman de Monika, elle a une mine affreuse, n'a toujours rien mangé depuis 3 jours, ni dormi. Elle hurle sur tout le monde. Une infirmière me dit que je dois aller à la pharmacie acheter de la colle pour la plaque palatine de Cédric car il n'en ont pas à l'hôpital. En bas, je croise la maman de Monika qui sors de la caféteria avec un sandwich, je suis rassurée de la voir manger, mais elle est pire que jamais. Elle viens de faire un scandale dans la caféteria. Je l'accompagne à la machine à café, elle allume une cigarette, je lui rappelle qu'elle n'a pas le droit de fumer à l'intérieur. Elle me dit avec son accent prononcé "je m'en fous je les emmerde!" Des infirmières qui prennent leur pose lui demandent de sortir. Je vois une expression dans son regard qui m'alarme. Je l'attrape par un bras, lui dit "viens, on va prendre l'air". Dehors elle pique une nouvelle crise de rage. Elle me fait peur, comment va-t-elle s'occuper de sa fille dans cet état. Je la laisse là car je dois acheter la colle pour Cédric et je ne veux pas laisser mon fils trop longtemps. Elle pleure, elle a fait un scandale pour que sa fille puisse sortir en fin d'après midi, mais ni la mère ni la fille ne sont en état de seulement descendre leurs affaire jusqu'en bas. Je lui promet de l'aider, et je m'en vais. Dans le nuit précédentes, on avait été toutes les deux au service des urgences pédiatriques, seul endroit animé la nuit, pour essayer d'échanger son billet de 5€ en monaie pour le café. J'ai été très choquée de l'attitude des gens quand elle s'adressait à eux. A cause de son argent et de sa façon de parler lentement, au premier abord il la prenaient pour une dorguée peut être ou une mendiante. Elle n'avait pas le temps de s'expliquer que les gens faisaient semblant de ne pas la comprendre. Finalement elle arrive à expliquer sa requête à une femme et dans la salle d'attente ils ont tous eu les boules de leur attitude! Moi ça m'a rendue furax. L'après midi commence, et s'étire en longueur. Cédric dort paisiblement, moi je suis épuisée, je sens que j'ai faim sans avoir envie de manger. J'ai mal au ventre à cause de tout ce café. Tout le monde ou presque est parti, et on commence à déménager les enfants restant vers le service de l'étage au dessus, car ici toutes les infirmières font le pont et ferment le service pour le week end. Killiam est tout seul, sa maman n'a pas pu venir parce qu'elle a deux autres enfants à charge. Il pleure convulsivement sur son lit, les infirmières semblent indifférentes. Il me fait de la peine. Il est tout nu, elles ne lui ont même pas mis un slip, parce qu'il a de la fièvre. Son visage est ravagé par les larmes, il a du sang qui reste de son opération, et de grandes traces rondes sur le thorax. Son nez coule, il n'en peut plus. Avec la maman de Monika, on le raffraichit un peu, on le caline, on essaie de le rassurer. Mais il veut sa mère. Finalement les infirmières prenennent le relai. Enfin le taxi de Monika est arrivé. Je demande à une infirmière de veiller sur Cédric et me dépèche de porter les bagages pour revenir vite. C'est très lourd, Monika est faible elle vomit dans le couloir, mais sa mère veut à tout prix rentrer chez elle. Monika à l'air furieuse contre sa mère, mais sa mère est au bord de la crise de nerfs et personne n'ose rien lui dire. Moi non plus. Je me contente de l'accompagner en silence, j'ai ressent presque lucidement son angoisse et sa détresse. Je sors dans le froid, Monika se blottis dans le taxi pendant qu'on charge les bagages. Sa maman me serre très fort contre elle, elle pleure en me remerciant. Moi je ne peut rien dire, il n'y a rien à dire. Je suis triste pour elle et je suis triste pour Monika, ça ne doit pas être drôle de vivre avec une maman pareille! Je remonte auprès de Cédric. On nous transfère à l'étage du dessus. Il y a tant de monde qu'on est tous à 2 par chambre, y compris les bébés. On m'attribue un fauteuil qui ne s'allonge pas, le même que j'avais eu à la première opération. Je dis à l'infirmière que je préfère dormir par terre. Le voisin de Cédric est un bébé de 6 semaines, il n'est pas encore revenu du bloc, on l'opère d'une hernie inguinale. Ses parents sont un jeune couple très gentil mais très angoissés aussi. Le bébé reviens, c'est un très joli bébé, il a l'air de ne pas trop souffrir. Mais il réclamme à manger toutes les 2h30 -3h00 et pleure beaucoup d'angoisse. Ses appareils de surveillance respiratoire, cardiaque, et ses perfusions ainsi que celles de Cédric se relaient pour sonner sans cesse pour un rien, empêchant les enfants de dormir. Cédric est parti pour faire sa nuit après un copieux repas au biberon-cuillère, mais il est sans cesse réveillé par le petit et par les machines. Je tombe de sommeil mais me résigne à une nouvelle nuit blanche. J'essaie de calmer Cédric, il est épuisé et hurle de colère, il veut dormir. Parfois il s'endort malgré le bruit, pour se réveiller 15 minutes après. L'autre maman et moi n'en pouvons plus. La nuit est très, très longue. Au petit matin, les bébés s'endorment, tout redeviens calme, mais il est trop tard pour dormir. C'est le jour de la sortie pour les deux bébés, les infirmières passent souvent. A un moment donné, Cédric se réveille en poussant des cris de douleurs qui résonnent dans tout le service. Je tente de le calmer mais rien à faire, je pense tout de suite à sa perfusion. L'infirmière arrive en courant, tâte son bras et enlève précipitament son badage et ses manchons. Son bras et sa mains ont triplés de volumes et sont durs comme du bois. Elle lui enlève la perfusion et Cédric se calme enfin. Comme les manchons sont de toutes façons trop petits, L'infirmière me donne deux petits bracelets de cotons à scratch, sur lesquels partent de longues ficelles. J'attanche ainsi ses bras à ses genous pour ne pas qu'il puisse lever ses bras jusqu'à se bouche. C'est assez barbare mais pas plus que les manchons, et il est trop important qu'il ne casse pas ses fils pendant au moins 10 jours, alors tant pis, on fait avec. Pour la première fois j'enlève sa plaque palatine toute seule. C'est pas agréable à faire et Cédric hurle. En plus beaucoup de colle reste sur le palais et c'est dur à enlever, je ne peux pas appuyer fort ni tirer à cause des fils, c'est assez laborieux à enlever. Depuis je mets très peu de colle sur la plaque. Enfin, à 11h30, le médecin passe. On m'a dit que je n'aurai peut être pas de bon de transport et je suis très inquiète. Je suis tellement fatiguée et je ne sais plus depuis combien de temps je n'ai pas mangé, que je tremble de fatigue et je me sens un peu comme la maman de Monika la veille : désespérée! Je suis au bord des larmes, c'est à cause de la fatigue. Je me sens même incapable de soulever Cédric. J'insiste auprès du médecins pour avoir mon bon de transport et finalement il accepte. Le taxi est arrivé et j'ai encore des tas de papiers à remplir plus tout les bagages à descendre. Le papa du petit bébé de 6 semaines m'aide à tout descendre, c'est une vréirable épreuve pour moi car je n'en peux plus. Enfin, je me retrouve assise à l'arrière d'une grosse BMW bien confortable, mais le chauffeur me fait la conversation et m'empêche de m'assoupir. Jérémie monte Cédric dans son siege auto et moi les bagages. Je n'ai qu'une envie : dormir! Mais je dois nourrir Cédric. Depuis l'opération il ne réclame pas ses repas, et j'essaie de lui maintenir le même rythme régulier qu'avant l'hospitalisation, pour qu'il se sente très vite de nouveau dans son élément. Je lui donne un petit pot de carottes-poulet, et il en mange une bonne quantité. Ensuite je le couche, Jérémie nous a préparé à manger. J'engoultis la moitié de la pizza avec bonheur! Je voudrais me coucher mais je me sens vraiment sale. jérémie me fait couler un bain, il me lave comme si j'étais un petit enfant. Cédric se réveille et Jérémie va le chercher pendant que je sors de l'eau. Il me dit qu'il va s'en occuper et moi je file au lit. Il s'est occupé de lui tout l'après midi, lui a donné son goûter et tout, et j'ai pu me reposer plus de 2h... Ce qui a été très dur aussi c'est quand on est arrivés, Cédric ne reconnaissais pas l'appartement, ni même son père. Il regardait autour de lui et avait l'air paniqué. Ce n'est qu'au moment où je l'ai couché dans son lit qu'il s'est rendu compte qu'il était chez lui et ça a été mieux. Ca fait une semaine maintenant, et ça va mieux. Cédric n'a quasiement plus mal, sauf quand je nettoie son palais avec une compresse et du sérum physiologique. Comme il y a beaucoup de fils je ne peux pas bien nettoyer, j'ai peur que de la saleté s'accumule mais je ne veux pas faire sauter les points. Deux points sont déjà tombés sur sa lèvre et 2 dans sa narine droite. 3 sont tombés tout seuls et 1 a été arraché par Cédric pendant que je lui avait enlevé ses manchons pour le mettre en pyjama. Mais maitnenant c'est moins grave je pense, c'est bien refermé et seule une petite goutte de sang a perlé.
Par truissima truiss - Publié dans : Truiss
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Lundi 8 novembre 2004 1 08 /11 /Nov /2004 00:00

J'ai peur.

Ils vont me transformer mon petit bébé, me le changer, comment va-t-il être, est ce que je vais encore le reconnaitre comme mon enfant? Est ce que je vais l'aimer autant? Ce ne sera plus totalement mon Cédric, il va changer, son visage ne sera plus comme avant, ce sera un autre Cédric. J'ai peur. Je l'aime, c'est mon bébé à moi...
Il va avoir mal, encore. Le souvenir est encore si proche de son regard brumeux, c'était terrible! Déjà à l'époque alors que son visage n'avait rien de différent, quand il est remonté du bloc, son regard avait changé, et je ne reconnaissais plus mon fils, ce n'était plus mon Cédric, ça m'a fait mal. J'ai reconnu à nouveau son regard seulement quand il a commencé à ne plus avoir mal, peut être 10 jours plus tard. Un matin, il a souri dans son transat, avec son regard brillant et espiègle, et j'ai dit "revoilà mon Cédric!"
Mais avant ça, que de souffrances, que de cris, de pleurs, d'angoisses inconsolables. Combien de temps ai-je bercé mon petit, qui n'arrivait même pas à s'appaiser dans mes bras, qui cherchait à têter, qui me regardait désespérément, semblant me dire "maman qu'est ce que tu attends, fais quelque chose!"
La froideur du personnel hospitalier, la sensation de géner, d'être de trop, de rien pouvoir dire. Les traitements qu'on trouve trop dur, trop douloureux, mais personne n'écoute. Alors je regardait Cédric déjà si courageux, si petit dans son lit à barreaux comme une cage. Sa main enflée par le produit qui s'échappait de sa perfusion. L'infirmière qui tapote la main pour voir s'il a mal, mon petit bout qui nous regarde, qui grimace et qui essaie de retenir ses larmes, tout cette horreur là! C'est demain que ça recommence!
Et le pire c'est que malgré tout ça ils n'effaceront pas son bec de lièvre... il portera à jamais cette cicatrice, son nez sera toujours un peu écrasé.
Bien sur il mangera mieux, il n'y aura plus de hurlements de colère quand le petit pot passe dans son nez et lui brûle les muqueuses.
Il y a encore tellement de choses à traverser, après. On me dit "après ce sera fini" mais je sais bien que ce ne sera jamais fini pour lui. Les séances d'orthodontie, d'orthophonie, et les fameuses otites... et puis l'école, les moqueries des enfants, les questions de Cédric. Comment ne pas me tromper dès aujourd'hui pour qu'il soit assez fort alors? Que dire, que faire? Je n'ai pas le mode d'emploi! Je veux seulement qu'il soit heureux!
Je sais que s'il pouvait parler, Cédric me réclammerait cette intervention. Aussi j'y vais sans douter qu'elle soit nécessaire. C'est son coprs, pas le mien, et je devrais me réjouir qu'il puisse changer ainsi une apparence qui lui serait défavorable. Oui mais j'ai peur quand même, j'ai le coeur serré.
Va mon bonhomme, sur le chemin de ta vie, c'est une façon de couper le cordon, cette opération, c'est si tôt, suis-je prête à ça?
Je ne peux que m'ébahir devant le courage de mon fil, où va-t-il puiser tout ça? Il avance sans peur, il supporte sans broncher.
Mais en remontant du bloc, ce regard. J'ai peur encore d'affronter ces yeux vitreux, embués dans la douleur, comme s'il avait renoncé à quelque chose. Comme si une partie de lui avait changé. Mais une partie de lui va véritablement changer. Il faut que je m'y fasse.
Mon enfant, mon chéri, mon bébé qui n'est plus dans mon ventre, tu n'es pas un objet qui m'appartiens, tu es toi et moi je t'accompagne, avec tout mon amour, je serai toujours là à tes côtés. Et même si je fais des erreurs, si je suis pas parfaite, si je suis pas à la hauteur, si je me lamente quand toi tu es courageux, si je m'appitoie quand tu avance sans peur, tu m'apprends tant de choses!
Moi aussi je t'apprendrais des choses, car je suis ta maman, tu pourra toujours, toujours compter sur moi.

Je me sens si triste ce soir, j'ai tellement peur de ce qui attend Cédric, de ce qui m'attend moi, de ce qui attend notre famille. Mais c'est peut être le jour le plus important de la vie de Cédric? Pourquoi ai-je l'impression que je vais le perdre? J'ai l'impression que tout ça n'a pas lieu par hasard. Si Cédric n'avait pas eu besoin de se faire soigner, opérer, notre relation aurait été différente. J'aurai peut être été trop fusionnelle? J'aurai transféré sur lui tout un tas de choses mauvaises en ne faisant pas la part des choses. j'aurai reproduit le shéma de ma famille sans le vouloir. Est-ce pour se protéger de tout ça que Cédric est né avec ses malformations?
Mon ange avait une histoire à partager, il a décidé de le faire avec nous. C'est le plus beau cadeau de la vie!

Par truiss - Publié dans : Truiss
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Samedi 23 octobre 2004 6 23 /10 /Oct /2004 00:00

Y'a des jours comme hier où je fais un bond en avant et où je me dit que 42€ de l'heure pour ma thérapie c'est pas cher payer vu ce que j'y gagne.

Hier j'ai reçu une lettre de ma mère, suite à ma décision de ne plus la voir, elle nous a envoyé une lettre à chacune, la même, avec toujours la même rengaine, bref, je me sentait pas bien. Heureusement que j'avais rdv avec ma psy l'après midi même. Du coup ça m'a fait vachement avancer, et j'ai complètement ocupé le cordon. Maintenant je suis sure de moi, je ne veux plus la voir, ça n'a aucun sens, je sais où je suis, je sais où je vais, je sais ce que ma mère a voullu faire de moi, ce que j'étais entrain de devenir, et aujourd'hui pour la première fois je suis complètement moi-même. Je n'agis plus par conditionnement mais par mes choix et mes envies.

Voilà je voulais juste dire que je me sens bien, que je suis heureuse dans ma vie, que je trouve la vie géniale et que j'espère que maintenant que je m'en donne les moyens il va m'arriver plein de trucs bien!

Plein de huihui affectueux à tous ceux qui ont de la peine aujourd'hui!

Par truissima truiss - Publié dans : Truiss
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Jeudi 21 octobre 2004 4 21 /10 /Oct /2004 00:00

Y'a des jours comme ça!

Ce matin, réveillée à 6h00 par le chat des voisins qui miaule comme un con, et qui bien sur réveille Cédric... j'avais espéré qu'il dorme jusqu'à 7h30 minimum ben loupé...

je me suis levée pour jeter un grand verre d'eau à la tronche du chat pour qu'il se taise, et j'ai attendu dans mon lit que Cédric réclamme son bib (je l'ai pas levé tout de suite parce que sinon ça va être la même tous les jours...). Ensuite, mon bébé d'amour s'est rendormi à 8h30 donc moi aussi j'ai pioncé dans le canapé pénarde, jusqu'à ce qu'une conasse qui s'était trompée de numéro m'appelle. Ca a continué à me mettre de bonne humeur.

Cet aprem on va chez le kiné, Cédric dormait bien il a fallu le réveiller pour partir, et en fait comme une grosse conne je m'étais trompée dans l'horaire il avait rendez-vous 1/2h plus tard... donc on s'est promenés un peu tous les 3 avant de retrouner chez le kiné qui s'est bien fouttu de ma gueule parce que je me trompais dans les heures...

De retour à la maison je m'aperçois que mes ragnagna on profité de ce moment pour débarquer en douce...

Cédric refuse de manger son fromage blanc aux fraises que j'ai payé la peau des fesses et qu'il avait adoré la dernière fois, me boit son lait comme un cochon en régurgitant la moitié partout. Après quoi il a été imbuvable (à part une sieste d'1h00 quand même) et ce soir il m'a vomi partout sur le canapé et sur mon pantalon qui sortait de la machine (ce cher ange)...

bref, tout va mal today!

Heureusement que Syphilia ma copine qui est super douée et trop belle est venue prendre de mes nouvelles sur irc ça m'a fait trop plaisir, en plus elle m'a fait écouter une chanson, elle chante trop bien, c'est une super fille, si vous voulez voir son blog d'ailleurs : http://syphilia.free.fr/blog/

Cédric est tout content maintenant il fait son foufou dans son transat en poussant des cris de joie... ah j'vous jures!

Par truissima truiss - Publié dans : Truiss
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